• Le rôle de l'école ?

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    © Cyril Delacour, tous droits réservés

    Pour beaucoup de personnes, je pense que la première réponse qui vient à l'esprit, c'est "apprendre à lire, écrire et compter". Dans les programmes, c'est d'ailleurs les trois objectifs principaux. Et pourtant...

    Pourtant, je n'ai pas appris à lire à l'école, mais chez moi avec mes parents. Je ne suis pas la seule dans ce cas. Un certain nombre de parents se chargent eux-mêmes d'enseigner la lecture, l'écriture et le calcul à leurs enfants... et ils s'en sortent très bien ! Bien entendu, au nom de l'égalité des chances, il est essentiel que ces disciplines soient enseignées à l'école. Ne vous méprenez pas, je ne souhaite pas remettre en question les programmes. Loin de moi cette idée ! Je veux simplement partir de ce constat pour élargir sur le rôle de l'école et de l'enseignant.

    Ma réflexion, ce soir, porte donc davantage sur ce que l'école devrait apporter à nos enfants, au-delà des simples connaissances et compétences définies par nos institutions. Plus particulièrement, comment je vois mon "futur" métier d'enseignante.

    A mes yeux, l'enfance est l'âge de l'insouciance, de l'émerveillement, de l'enthousiasme, de la curiosité, des rires. On teste ses limites, celles des adultes, on apprend à vivre ensemble. On se rend compte, petit à petit, que tout le monde n'a pas toujours les mêmes opinions que nous, qu'on n'a pas tous les mêmes croyances, ni parfois les mêmes modes de vie.

    L'école représente une véritable rupture avec le cocon familial. D'après une enquête de l'OCDE, seulement 45% des élèves estimeraient se sentir bien en classe... C'est très peu !
    Peut être parce qu'aujourd'hui, on attend de nos enfants qu'ils nous ramènent de bonnes notes, on espère que l'instit de notre chère tête blonde va nous faire des compliments sur ses résultats scolaires. L'échec est très mal vu et les enfants qui en sont victimes le ressentent bien... De plus en plus jeunes, ils sont jugés, évalués, mis en compétition. Les flâneries ne sont pas tolérées, les rêveurs se font tirer les oreilles.
    Un élève très manuel ne sera jamais autant estimé qu'un élève très doué en maths. Il n'y a qu'à voir comment sont considérées les filières professionnelles, destinées à "ceux qui ne s'en sortent pas à l'école"...
    C'est triste je trouve... Un jeune avocat sera bien plus félicité qu'un jeune plombier, pourtant on risque d'avoir bien plus souvent besoin d'un bon plombier que d'un avocat ! (quoi que, quand on regarde la tendance procédurière de notre société...)

    Tout ça pour dire que je souhaiterais que se développe dans ma classe la coopération plutôt que la compétition, j'ai envie que mes élèves soient bien en classe, qu'ils se sentent libres de rire, qu'ils aient plaisir à apprendre, découvrir, expérimenter. Une classe où l'erreur est la base de l'apprentissage, où personne n'est bête parce qu'il a posé une question, où l'intellectuel et le manuel ont autant à apprendre l'un de l'autre, où les talents de chacun sont appréciés sur un pied d'égalité (même si, malheureusement, ce n'est pas le cas dans la "vie réelle"...).
    Si cela peut en rassurer certains, je ne suis pas naïve au point de penser que tous les enfants sont de petits anges délicieux, sages et obéissants. Je rencontrerai autant de personnalités différentes que j'aurai d'élèves, j'en suis bien consciente, mais ça sera mon boulot de m'adapter à chacun d'entre eux.

    Ces derniers temps, dans les discours, on remet en cause le fait que l'école doive contribuer à l'épanouissement des enfants. Eh bien je trouve que, justement, au nom de l'égalité des chances, une des valeurs fondamentales de notre République, l'école devrait être un lieu d'épanouissement, un lieu où les enfants ne sont pas jugés mais acceptés tels qu'ils sont et où ils peuvent vivre pleinement leur enfance...
    « Après-midi cuisine !Méthode globale vs méthode syllabique, un faux débat ? »
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  • Commentaires

    1
    Lundi 20 Août 2007 à 04:59
    Spoil
    Exactement, rêver d'une belle école pour une belle société faite pour tous mais surtout pour chacun n'est pas une passade d'une jeune instit (ou d'un jeune PE2 comme moi qui veut simplement changer le monde et qui s'éprend du rêve prométhéen) mais le leitmotiv d'une carrière, et NA! (fan de Merieu???) Bonne continuation... Au plaisir des prochaines lignes...
    2
    Jeudi 25 Août 2011 à 20:32
    Cyril Delacour

    La photo n&b vient de http://www.cyrildphotos.com/ où elle est accompagnée de la mention « © Cyril Delacour, tous droits réservés ».

    Le bonheur n’est réel que lorsqu’il est partagé, ce qui n’empêche pas de demander l’autorisation de diffuser une telle image en citant le nom de l’auteur, son copyright, et un lien vers sa source.

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