• Remise en question

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    L'arrivée de ma période d'inspection a été pour moi l'occasion de porter un regard neuf sur ma pratique en classe.
    En discutant avec ma collègue et amie, j'ai réalisé assez douloureusement que je m'étais éloignée de mes idéaux, des raisons pour lesquelles j'avais choisi ce métier...

    Travailler avec les enfants pour leur donner le plaisir d'apprendre, les accompagner et les soutenir dans leurs difficultés, faire en sorte que l'école soit un moment doux où chacun avance à son rythme, sans être brusqué... Ah que de belles intentions... Et pourtant, pendant que ma collègue me racontait son expérience avec des enfants handicapés, pendant qu'elle commentait l'écriture d'un de mes CP pour qui c'était une véritable souffrance et qui malgré tout faisait de son mieux, j'ai réalisé que j'étais complètement à côté de la plaque.. Je m'étais laissée prendre par la pression des programmes, des objectifs à atteindre coûte que coûte, au prix du bien être des enfants dont j'étais responsable. Je me suis revue dans ma classe, dure, exigeante, voire même intransigeante... Ca a été un véritable électrochoc...

    Une chose était claire pour moi, je ne devais plus continuer comme ça. Les enfants en souffraient et moi aussi puisque je n'étais plus l'enseignante que je m'étais promis d'être. Mon rôle n'est pas de demander à ces enfants d'être tous au même niveau, c'est d'ailleurs impossible, ils sont tous différents, ils ont tous leur propre personnalité. C'est à moi de les prendre tels qu'ils sont, de les faire avancer à la mesure de leurs possibilités sans les accabler s'ils n'arrivent pas à faire ce qui leur est demandé...

    Je suis donc retournée en classe avec un tout nouvel état d'esprit, j'avais retrouvé mon sourire, mon humour et ma douceur. Et là, le miracle s'est produit.. Le miracle de la valorisation.. En leur demandant uniquement de faire de leur mieux, de faire ce qu'ils pouvaient, mais de leur mieux, en les félicitant régulièrement, même pour les plus petits progrés, ils l'ont fait. Les CP ont fait des progrès spectaculaires en écriture, en lecture, en maths.. Et les autres également.
    Une ambiance de classe bien plus agréable s'est installée pour mon plus grand plaisir et pour le leur..
    Mon CP en grande difficulté a retrouvé le plaisir de venir à l'école. Nous avons passé un marché, je lui donnais moins d'écriture, et il faisait de son mieux pour le peu qu'il avait à faire, pour le reste, il taperait à l'ordinateur.
    J'ai même le droit à un gros bisou sur la joue le matin quand il arrive !

    Il a compris, et moi aussi par la même occasion, qu'il pouvait faire tout plein de choses si on adaptait les outils à sa disposition. Les élèves de la classe sont tous rentrés dans ce jeu, on ne se critique plus, on ne se compare plus mais on se félicite pour ses progrès..

    Oui, il y a les programmes et oui il faut, autant que faire se peut, les amener à maîtriser les compétences de ces programmes... Mais il faut aussi accepter qu'ils n'y arrivent pas tous en même temps, ni de la même façon. Il faut leur permettre de garder confiance en eux, en leurs possibilités, car si nous n'y croyons pas nous même, les enfants le sentent et finissent par ne plus y croire non plus.. Si nous en arrivons là, nous avons échoué..
    « L'inspecteur n'est pas passé, il ne passera jamais... Oups, si !Les petits livres »
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  • Commentaires

    1
    Dimanche 7 Mars 2010 à 09:54
    Maman
    Bravo ma Fille pour cet article
    2
    Lundi 8 Mars 2010 à 15:08
    Cath
    Demander peu, recommencer souvent, récompenser beaucoup... dit le vieil adage.
    3
    Perle
    Vendredi 23 Mars 2012 à 11:58
    Perle
    Je trouve ça super que tu aies su te remettre en question. Quand je me rappelle des bons profs que j'ai eu, il me semble qu'ils avaient tous en commun la qualité de savoir qu'ils n'étaient pas parfaits, que leur technique et le rythme de croisière pouvaient varier selon les années et les élèves. D'un autre côté, je comprends aussi qu'avec des élèves agités, tu aies pris l'habitude de jouer les sévères, et je crois même que c'est ce qu'il faut toujours faire, au début, comme tu le dis dans un autre article. Le tout étant de redresser la barre à temps. Je viens de lire tout ton blog, je veux moi-même devenir instit' (bon, je n'en suis qu'à la licence, alors j'ai encore un peu de chemin...), et je vois que nous avons les mêmes idéaux et théories sur l'éducation! En tout cas, ton blog m'a donné encore plus hâte de me retrouver enfin devant mes premiers élèves, et j'en ai bien besoin, pour tenir durant les longues années qui m'attendent encore avant le concours... Bonne continuation !!
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